Bientôt, l'édition 2018 de la journée "Découverte de la médecine générale rurale"

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08 mars 2018

La Province de Luxembourg, au service de la Médecine Générale

La Cellule Attractivité de la Médecine Générale mise en place par Mme la Députée Nathalie...

08 mars 2018

La Province de Luxembourg, au service de la Médecine Générale

La Cellule Attractivité de la Médecine Générale mise en place par Mme la Députée Nathalie Heyard. De gauche à droite : Valérie Eliard, Nathalie Heyard, Camille votron, Nadine Joris et Laurent Dutrieux. 
 

Soucieuse d'être à l'écoute des médecins généralistes, la Province de luxembourg a mis en place une Cellule d'Attractivité de la médecine générale afin de contrecarrer une pénurie annoncée. La députée Mme Heyard, en charge de la Santé, nous en dit plus sur les actions menées par la Province.

       

A votre arrivée, quelles ont été les actions menées par la Province de Luxembourg en matière de santé ?

J’ai pris mes fonctions le 1er mars 2014 et très vite on a discuté avec les médecins sur ce qu’il fallait mettre en place et sur ce que nous pouvions faire au niveau de la Province en matière de santé. Pendant plus d’un an et demi, il a fallu se préparer pour savoir comment nous pouvions réellement soutenir les médecins généralistes. La force de notre plan d’action, qui a officiellement été lancé en 2016, est qu’il a été co-construit, main dans la main, entre le politique et les médecins généralistes.

 

 

        Comment est venue l’idée de mettre une Cellule Attractivité en place au sein même des services provinciaux ?

La Cellule Attractivité a été mise sur pied grâce à la collaboration entre les cercles et la Province. Sa mission est d’aider les médecins généralistes dans la mise en place de pratiques de groupe. En effet, il y a un côté rassurant de pouvoir pratiquer à plusieurs : développer des nouveautés ensemble, partager son expérience, s’entraider, etc.

Partant de ce constat-là, nous avons créé une équipe spécialisée pour aider tous les médecins généralistes, toutes les communes et toutes les personnes qui souhaitent développer un projet en rapport avec la médecine générale.

 

        Et avant la mise en place de la cellule attractivité ?

Il y a quand même toujours eu un soutien de la Province par rapport aux médecins généralistes via les Postes Médicaux de Garde, dont la Province subsidie le petit matériel à hauteur de 22.000€/an. La Maison du diabète bénéficie également d’un soutien de la Province. Parallèlement à ça, nous aidons les Communes à maintenir une médecine de proximité dans leur village, notamment par l’installation de pratiques de groupe.

 

Tout est fait pour faciliter la prise en charge des stagiaires et des assistants !"

     

  Actuellement, soutenez-vous beaucoup de projets ?

En fonction de l’équipe et des moyens, nous avons développé différents projets :

Il y a les bourses d'aide à la pratique de groupe destinées à accompagner tous les médecins généralistes désireux de développer un projet. Le but est de répondre aux attentes des jeunes qui plébiscitent très largement ce type de structure. Par la création de ces lieux d'accueil organisés, coachés, l'objectif est de faire venir des jeunes en province de Luxembourg afin de leur faire découvrir une autre médecine, leur donner envie d’y faire leur assistanat et, pourquoi pas, de venir pratiquer ici.

On a également développé des primes d'aide au logement et à la mobilité pour des étudiants venant faire leur stage en province de Luxembourg.

Parallèlement à ça, nous organisons des formations décentralisées sur Libramont afin que des médecins généralistes puissent suivre la formation de maître de stage. Grâce à ça, il y a déjà eu 26% de maître de stage en plus en 2017 et 16 médecins se forment en ce moment pour augmenter encore ce nombre.

Enfin, il y a des médecins en fin de carrière qui hésitent à investir dans du matériel pour accueillir les jeunes. Nous leur prêtons du matériel afin qu’ils puissent accueillir un assistant.

Tout est fait pour faciliter la prise en charge des stagiaires et des assistants.

 

"C’est la troisième année que la Cellule Attractivité lance des bourses pour accompagner des médecins qui veulent développer une pratique de groupe."

 

        Quels sont les avantages à venir s’installer en province de Luxembourg ?

L’avantage de vivre ici c’est de vivre à la campagne, en pleine nature avec des forêts magnifiques. L’immobilier est moins cher également. Il est possible d’avoir une maison avec un grand jardin, chose qu’on ne sait pas toujours retrouver en ville.

Au niveau de la pratique, la médecine est plus diversifiée ici, les médecins posent plus d'actes techniques. Par rapport à ça, on organise, chaque année, une journée découverte de la Médecine générale rurale où on met en lumière toutes ces pratiques-là qui sont davantage valorisées dans les milieux ruraux.

Pour découvrir ce que les Communes ont à offrir et les structures dont elles disposent, il y a le site internet Santé Ardenne, que nous avons entièrement financé.

On met également tout en place pour développer la pratique de groupe, car c’est ce qui attire les jeunes. C’est la troisième année que la Cellule Attractivité lance des bourses pour accompagner des médecins qui veulent développer une pratique de groupe, à hauteur de 5000 euros par projet.

En parallèle à ces bourses, la Province a également créé "Filux "qui est un fonds d'investissement pour construire ou rénover des structures d'accueil pour la médecine générale. L’année dernière, nous avions réservé un budget de 100.000€ pour les Communes qui souhaitaient développer une pratique de groupe. Pour cela, il fallait d’abord être suivi en amont par la Cellule Attractivité qui s'assurait que des médecins étaient bien partie prenante de ces dossiers. Il ne faut en effet jamais perdre de vue que ce sont les médecins au cœur du projet !

 

        Concernant le milieu hospitalier, que va-t-il se dessiner dans les années à venir ?

Une des particularités de la province de Luxembourg, c’est qu’il n’y a que des hôpitaux publics repris dans le réseau Vivalia. Il y a une grande réflexion qui se met en place car on ne peut plus faire de tout partout. En effet, la médecine s’hyper spécialise, il va donc falloir avoir moins d’hôpitaux pour rassembler un maximum et pouvoir couvrir l’entièreté du territoire. La difficulté, en province de Luxembourg, c’est l’étendue géographique : c’est la province la plus grande mais également la moins peuplée. A terme, afin de centraliser ces différentes spécialisations, la construction de deux hôpitaux basés autour d’Habay et l’autre à Marche, est envisagée.

 

01 décembre 2017

Le CERMA, mode d'emploi

L'équipe du CERMA, Centre Médical d’Erezée-Manhay  Type de structure 

01 décembre 2017

Le CERMA, mode d'emploi

L'équipe du CERMA, Centre Médical d’Erezée-Manhay 

 

Type de structure 

Association de fait, ASBL à partir de janvier 2018

 

Système mis en place

Chaque médecin paie une participation sur un compte commun couvrant la mise à disposition des locaux, le secrétariat, les consommables et la CCFFMG pour la prise en charge des assistants. Un loyer est payé d’une part au propriétaire privé, d’autre part à la Commune.

Actuellement, tous les médecins paient le même montant, mais trois d’entre eux ne pratiquent désormais plus que dans les structures collectives de Manhay et Erezée, dont les deux jeunes fraichement installés. Il faudra donc adapter le système de calcul des charges et différencier ceux qui font des permanences et ceux qui sont « à demeure ».

 

Secrétariat

Il représente 75% des frais globaux, il y a quatre secrétaires à temps partiel engagées afin d’avoir en permanence une secrétaire à Mahay et une à Erezée. Chaque médecin touche la prime impulseo demandée au nom de l’association de fait (bientôt ASBL). Il y a cinq médecins, chacun touche donc 20% de la prime globale.

 

Les assistants 

Les assistants sont encadrés par l’ensemble des médecins. S’il y a bien un médecin responsable maître de stage, les assistants travaillent pour tous et partagent l’ensemble de la patientèle. C’est le secrétariat qui ventile selon les demandes des patients et les disponibilités de chaque prestataire. Les honoraires des assistants sont mis dans le pool, la CCFFMG est payé via ce pool. A partir de janvier 2018, les carnets d’attestation seront au nom de l ‘ASBL.

 

La patientèle

Le patient reste attaché à son médecin généraliste, maisen cas de besoin “urgent” et d’indisponibilité du médecin attitré, le patient est invité à se rendre à la permanence sans rendez-vous de son choix (Erezée ou Manhay).

Après la mise en place de ce système, aucun médecin n’a remarqué une baisse du nombre de patients vus par jour. Comme dans tout changement, certains patients ont quitté leur médecin traitant, car la philosophie du centre ne leur plaisait pas, mais le centre a aussi attiré d’autres patients.

 

Retrouvez l'interview complète dans notre Mag n°4

 

23 août 2017

Médimeuse

C’est près de l’hôpital de Mont-Godinne...

23 août 2017

Médimeuse

C’est près de l’hôpital de Mont-Godinne que le centre Médical Médimeuse s’est implanté en 2006. À l’origine, 5 médecins généralistes animés par le même souhait : briser l’isolement. Rencontre avec le Dr Pierre-Yves Devresse, l’une des chevilles ouvrières de ce regroupement.

« L’idée initiale est venue des GLEM, se souvient le Dr Devresse. Lors de ceux-ci, nous discutions ensemble, on échangeait sur des cas cliniques et autres ». Souhaitant aller un pas plus loin dans le rapprochement entre confrères, le Dr Devresse lance un appel : « Une trentaine de médecins ont reçu une invitation à une réflexion sur la médecine associative. C’était ouvert à tout le monde. Le groupe s’est réuni de nombreuses fois avec des réunions en tout genre : notaire, fiscaliste … Au final, ceux qui sont restés avaient l’envie commune de construire un bâtiment ». Ce rapprochement aboutit à la création d’une SPRL immobilière dont chaque médecin fondateur détient des parts. Cette société construit, moyennant un emprunt, un bâtiment de 200m2 comportant 6 cabinets. « À l’époque, on était dans une logique de mettre de l’argent de notre poche et d’investir dans du bâti. Les jeunes ont peur d’investir de la sorte aujourd’hui ».

 

Proximité et flexibilité

La volonté d’implanter Médimeuse, c’était aussi le souhait de pouvoir proposer aux patients une permanence de soins de proximité. C’est pourquoi Médimeuse fonctionne uniquement en consultations libres. Chaque médecin consulte entre 5h et 8h par semaine au sein de la structure. Le reste du temps, ils occupent leurs cabinets privés. « Très vite les gens savent qu’on a deux lieux de travail », constate le médecin dont le cabinet principal est resté à Durnal, « c’est une flexibilité pour le patient ». Afin de valoriser l’investissement, les cabinets sont également loués à quelques spécialistes et para médicaux.  Enfin, deux secrétaires sont mises à disposition de l’ensemble des professionnels de la santé occupant les locaux.

Ce système de doubles lieux de consultations a suscité bien des craintes au début de l’exercice, comme nous l’explique le Dr Devresse : « L’une des peurs classiques c’est de se dire ‘’quand je serai dans la structure collective, mon cabinet privé sera fermé et mes patients pourraient trouver que la nouvelle structure est trop éloignée’’. Ils choisiraient alors un autre médecin, plus proche. C’est vrai, mais c’est oublier une autre réalité : des structures comme Médimeuse sont un lieu de plus grande disponibilité, de nouveaux patients arrivent tous les jours. L’un compense l’autre, il faut juste accepter une certaine souplesse ».

 

Un regroupement

Vous l’aurez compris, Médimeuse est plus un regroupement d’indépendants qu’une « pratique de groupe » à proprement parler. Le système présente néanmoins de nombreux avantages : « Nous avons tous le même logiciel, ce qui permet à chaque médecin d’avoir accès à l’ensemble des dossiers patients. Nous pouvons donc tout de suite prendre le relais d’un confrère. C’est un gain de temps très important et cela permet un bon suivi ». Autre avantage, se serrer les coudes dans la course à l’informatisation des soins de santé : « Au-delà de la cinquantaine, acquérir des notions d’informatique est nettement plus compliqué. Les logiciels changent souvent et ça demande une flexibilité importante. Être en groupe, c’est aussi se serrer les coudes devant ces réalités administratives ». Citons encore comme point positif le partage des charges salariales des secrétaires et la gestion par celles-ci des primes Impulseo. De par ces atouts, le regroupement de Médimeuse a été profitable à chacun, plus encore : « Le fait de retrouver cette stimulation de groupe a aidé certains confrères à ne pas verser dans le burn-out », affirme Pierre-Yves Devresse.

 

Un goût de trop peu

Ce regroupement laisse néanmoins un goût de trop peu à certains médecins, comme nous le confie Pierre-Yves Devresse : « Nous sommes liés par un bien commun, mais nous n’avons pas toujours la même philosophie de travail. Avec 20-25 ans de pratique, les habitudes sont ancrées et certains sont plus souples que d’autres. Nous restons donc dans une logique d’indépendants associés. Se retrouver 1h par semaine tous ensemble et tenir ce rythme, c’est déjà difficile ». Cette réalité amène aujourd’hui le praticien à considérer les rapprochements entre médecins sous un autre angle : « Je conseille aux médecins qui veulent s’associer de bien vérifier les valeurs qu’ils souhaitent partager avant tout. Il faut des points de convergence entre eux avant de travailler ensemble. Le calibrage du groupe est très important », puis il ajoute avec philosophie, « Mais être tous semblables, ce n’est pas intéressant non plus, car il n’y a pas de débat ».

 

Une mécanique bien huilée

À Médimeuse les honoraires sont d’abord centralisés puis redistribués en fonction d’un système que nous explique le Dr Devresse : « Ils sont ventilés en fonction des patients que nous voyons. Une partie est également mise dans le pot commun et sert à alimenter le bas de laine de la structure, notamment nos dix premiers patients dont les honoraires vont directement dans la tirelire de Medimeuse ».

Pour la gestion des assistants, le calcul se fait en fonction du salaire à payer à la CCFFMG : « Chaque fois que l’assistant voit un patient, on sait qui est son médecin traitant. À la fin du mois, on fait le prorata. Si l’assistant a vu 40% de patients d’un médecin et 60% d’un autre, alors ces deux médecins paient respectivement 40% et 60% du salaire. On perçoit ensuite ce qui a été gagné par l’assistant à la proportionnelle ».

Ce système, complexe de prime abord, est en réalité géré de main de maître par les deux secrétaires qui encodent l’ensemble des prestations dans un tableur Excel savamment programmé, ce qui fait dire au Dr Devresse : « Une fois que c’est automatisé, cela va tout seul ».

 

Nom de la structure : Médimeuse

Localisation : Mont-Godinne

Année de création : 2006

Types de structure : SPRL immobilière, SPRL de services, Association de Fait

Composition de l’association de fait : Drs Derycker, Laroche, Deville, Villers, Sents, Devresse, Potier et Meuris.

Moyenne d’âge : 51 ans (de 30 à 82 ans)